Jean-Baptiste Chauveau


Jean-Baptiste CHAUVEAU
1827-1917

 

1827
Naît le  21 novembre, à Villeneuve la Guyard 40 Grande Rue, de Marie-Anne Renard (29 ans) et Pierre Vincent Jean-Baptiste maréchal-ferrant (30ans). Scolarité primaire à VLG et secondaire au petit séminaire à Auxerre.


Maison natale de Chauveau

Débute des études vétérinaires à la fin de sa troisième (donc sans le baccalauréat qui n’est pas requis à l’époque). 

1844
Admis à l’Ēcole Vétérinaire d’Alfort.

1848
Classé premier pendant les quatre années de sa scolarité, il sort major de sa promotion.
Renonce à la carrière de vétérinaire de clientèle et choisit l’enseignement.
Admis sur concours chef de service d’anatomie à l’Ēcole Vétérinaire de Lyon, il restera près de quarante ans dans cette ville.

1855
Ayant développé ses connaissances en anatomie, parallèlement à son enseignement, il publie un Traité d’anatomie comparée des animaux domestiques qui demeurera un ouvrage de référence pendant soixante ans.
Cependant, il échoue - excellent à l’écrit, il est médiocre à l’oral - au concours pour un poste de professeur de physique, chimie, matière médicale et pharmacie à l’Ēcole Vétérinaire d’Alfort.
Suite à cet échec il redoublera d’effort dans ses recherches en physiologie expérimentale (études sur le cœur).

1859
Ses travaux sur le fonctionnement cardiaque en collaboration avec le docteur Joseph Faivre avaient eu un grand écho,mais les résultats étaient encore en débat. 
Rencontre avec Ētienne-Jules Marey, qui sera plus tard mondialement connu comme pionnier de la photographie  et précurseur du cinéma (chronophotographie 1882).
Ce médecin était à l’époque un « bricoleur » génial de matériels d’expérimentation originaux, comme Chauveau. Devenus amis  et complémentaires dans leurs travaux scientifiques, ils  révolutionnent la cardiologie par leurs découvertes.
Chauveau mène en parallèle d’autres recherches (circulation sanguine, respiration, système nerveux).

1863
Nommé à 36 ans professeur titulaire de la chaire d’anatomie et de physiologie de l’Ēcole Vétérinaire de Lyon, il va poursuivre des recherches qui seront saluées successivement par la communauté scientifique lyonnaise, nationale puis mondiale. 

1865
Ētudie la peste bovine en Angleterre. Il poursuivra ses études sur les maladies virulentes et la contagion jusqu’en 1886.
Ses découvertes et intuitions seront connues et confirmées par Pasteur. Elles permettront très tôt de mettre en place des mesures de police sanitaire qui éviteront  l’extension des épizooties. Sous son influence, Arloing, Cornevin et Thomas isolent le bacille du charbon symptomatique*, cause de mortalités foudroyantes chez les bovins et ovins. Ils nomment le bacille Bacterium chauvoei en  hommage à leur collègue. 

1867
Epouse la veuve du chirurgien Antoine Gabriel Bertholus (1831-1864), Sophie Clotilde Buffard.

1870
Rejoint le front de franco-prussien avec une équipe médicale. 

1873
Prouve que la tuberculose bovine est bien transmissible à l’homme et permet de prendre, treize ans avant la découverte du bacille tuberculeux, les mesures sanitaires adaptées. 

1875
Nommé directeur de l’Ēcole Vétérinaire de Lyon, enseignant et chercheur, il confie officieusement l’enseignement de l’anatomie à Arloing et conserve la charge de la physiologie à fin de privilégier son travail de recherche. 

1877
Dispensé de scolarité, il obtient son doctorat en médecine avec la présentation d’une thèse sur la vaccine. Création de la Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie de Lyon. Ce projet porté depuis 1872 par le grand physiologiste Paul Bert, député de l’Yonne en relation avec Chauveau, concrétise la dynamique que  celui-ci avait créée autour de lui dans les milieux médicaux et vétérinaires depuis 1860. 

1878
Devient titulaire de la chaire de médecine expérimentale et comparée créée pour lui dans cette nouvelle faculté.

1882
Ses travaux sur les problèmes infectieux aboutissent à la mise en œuvre de mesures d’asepsie au cours des accouchements pour éviter les septicémies.
En pathologie infectieuse, Augustin Chauveau annonce l’œuvre de Louis Pasteur.

1886
Nommé Inspecteur Général des Ēcoles Vétérinaires de France, il rénove l’enseignement vétérinaire (il impose le baccalauréat comme diplôme préalable au concours d’entrée !) et crée de nouvelles chaires. Il quitte Lyon pour Paris.

1889
Succède à Henri Bouley, son ancien professeur, à la chaire de pathologie comparée au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Publie « La Revue de Médecine » et développe des études en énergétique biologique.

1893
Création sur ses plans d’un nouveau laboratoire au Jardin des Plantes, chaque niveau correspondant à une catégorie de ses recherches : bactériologie, physiologie, énergétique biologique.

1901
Ses études de physiologie ont de fortes implications sociales, elles tendent à décrire scientifiquement les capacités du travail humain.

1911
Renonce aux fonctions d’Inspecteur Général des Ēcoles Vétérinaires.

1913
Représente l’Académie des Sciences dans une commission ministérielle qui étudie la physiologie du travail.

1914
Se retire du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris après avoir bénéficié d’une prolongation de son poste depuis 1902.

1917
S’éteint dans sa quatre vingt dixième année le 4 janvier à Paris. Son corps momentanément déposé à Notre-Dame fut transféré  au cimetière de Loyasse à Lyon pour recevoir des funérailles solennelles le 17 février 1922.

 

Dès 1866, Chauveau affirme que : « les maladies virulentes n’ont pas d’autres causes que la contagion ; celle-ci procède toujours d’un agent spécial, le virus, organisme ou organite, que la spontanéité vitale est impuissante à créer de toutes pièces ; l’étude d’un tel agent peut être faite par les méthodes applicables à l’histoire naturelle des êtres vivants ; la méthode expérimentale le déterminera bientôt et cette découverte sera le point de départ de recherches qui permettront peut-être d’opposer à chaque virus pernicieux un agent atténué de même famille jouant le rôle, jusqu’à présent unique, du virus vaccinal. » Avant Louis Pasteur, Chauveau découvre que le mode d’inoculation influe sur la gravité de la pathologie déclenchée et qu'un virus ingéré pourra ainsi avoir des conséquences mortelles alors que, introduit dans les veines, il n’aura que des effets bénins sur l’organisme. A partir de là, il fit ainsi des recherches approfondies en bactériologie, détermina même contre celui-ci le principe de l'addition en immunologie, qui fut à la base de ses illustres découvertes.

 

Robert Baeli  2010